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Salon Auto-Moto | Article DNA du 26 avril 2018

Des Bugatti aux enchères à Strasbourg !

Le salon Auto-Moto Classic 2018 présente ce week-end à Strasbourg neuf Bugatti d’exception. Elles sont mises aux enchères par un collectionneur de Molsheim, fief de l’entreprise automobile. Les différentes expositions permettront de souligner le lien fort qui unit l’Alsace à l’univers automobile

« Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher. » La devise d’Ettore Bugatti pourrait monter à la tête des passionnés lors de la vente aux enchères de neuf modèles anciens de la marque, l’après-midi du mardi 1er  mai au salon Auto-Moto Classic, à Strasbourg. La maison Osenat, basée à Fontainebleau et spécialiste en automobile, est en charge de la vente, qui concerne en tout 62 voitures d’époque. Le matin sera consacré à une vente «Automobilia» de pièces de collection liées à cet univers. La plus haute estimation est de 600 000 euros pour un bolide couleur « bleu Bugatti », le modèle 35B. Le salon s’engage par ailleurs à ce que l’intégralité des commissions (vendeurs et acquéreurs) soit reversée à l’association « Vaincre le cancer ».
En provenance de la collection Feidt à Molsheim
Les neuf Bugatti proviennent de la collection personnelle de Pierre Feidt, Molsheimois attaché à la marque. Car c’est dans sa ville que la prestigieuse maison Bugatti voit le jour, en 1909. Elle se spécialise alors dans le luxe et la vitesse. Molsheim connaît grâce à l’usine une renommée internationale. Le fer à cheval, dont la silhouette se retrouve dans la calandre des voitures, n’a pas été choisi au hasard : les Bugatti raflent la première place sur tous les circuits. En résulte un palmarès impressionnant qui n’a toujours pas été égalé.

Mais la vente ne propose pas uniquement des pur-sang motorisés. Il y en aura pour tous les goûts : de la nerveuse voiture de course à l’élégant coupé de ville. Et pour toutes les couleurs ! La Bugatti type 46 affiche un bleu éclatant, à l’extérieur comme à l’intérieur. Quant au modèle 49, sa carrosserie bicolore vert sapin et vert pomme a le mérite d’attirer le regard. « Elles sont toutes d’excellente qualité », atteste Daniel Lapp, membre fondateur du club Enthousiastes Bugatti Alsace (EBA) et du musée Bugatti de Molsheim.

La Bugatti type 23 Brescia est une icône : c’est ce modèle qui a arraché la première victoire de la marque en compétition, en 1920. À l’époque, c’est une des rares à dépasser les 100 km/h… Le modèle 35, sorti seulement quatre ans après des écuries Bugatti, pointe lui à 200 km/h. Avec à son compteur 2 000 victoires en compétition, c’est sans conteste la voiture la plus sportive au monde.

À l’inverse, la berline Galibier (type 57) est appelée « Bugatti de tourisme ». Achetée à une enchère monégasque par Pierre Feidt, elle fait partie des 27 voitures existantes de ce modèle datant de 1939. Cette même année, le fils d’Ettore Bugatti, Jean, meurt dans un accident de voiture. L’épisode tragique signe la fin de l’entreprise.

Une « passion alsacienne »

« Il y a une grosse attente du milieu pour ces voitures, la vente sera internationale », s’enthousiasme Josiane Hoffmann, directrice du salon. Des voitures rares au parcours atypique : la 49 a été assemblée à partir d’un châssis allemand pour le mariage de la fille d’un riche patron, quand le coupé de ville, type 46, est une réalisation unique au monde d’un passionné, qui s’est basé sur le prestigieux coupé « Napoléon ». Chacune des neuf voitures mises en vente est le résultat d’un assemblage, fait à partir de pièces pouvant provenir aussi bien de l’usine de Molsheim que d’Angleterre. Le salon, qui dure le temps du week-end prolongé, est ainsi l’occasion de discuter carrosserie, radiateur et châssis entre amoureux de la mécanique. De quoi intéresser les Alsaciens : ils représentent la plus forte densité régionale de collectionneurs en France. Certaines Bugatti n’ont quasiment jamais roulé, comme le modèle 51. La Bugatti 35A, quant à elle, est intacte : elle est neuve et n’a jamais roulé sur route.

Daniel Lapp, qui s’occupe avec l’EBA du musée molsheimois dédié à la famille « de créateurs » Bugatti, soutient une « passion alsacienne » pour les cylindrées. Son club compte aujourd’hui 200 membres. À sa fondation, certains anciens ouvriers de l’usine (aujourd’hui propriété de Safran) ont même tenu à témoigner de leur travail sous la direction du « Patron » Ettore. Une preuve s’il n’en faut que la famille italienne a durablement marqué la région.

« Malade » de voitures !

Hubert Reithofer dans sa Mathis Myn de 1930. PHOTO DNA – Charlotte ROTHEA

Quand on lui demande combien de voitures il possède, Hubert Reithofer élude en souriant : « Trop ! » Chez lui, à Lingolsheim (67), ses « jouets » prennent toute la place. Ce week-end, M. Reithofer présentera deux Mathis, marque alsacienne très recherchée des passionnés, dont la plus ancienne du salon : une type S de 1920. Parmi sa collection, cinq voitures ont été entièrement restaurées par lui. La sixième, une Mathis Myp (1932), est en chantier depuis un an.

Le « malade de voitures anciennes », selon son expression, a imaginé pour elle une carrosserie en rotin. Cet écrin original est peu adapté à la pluie ou à la neige. Qu’à cela ne tienne : il suffira d’« ajouter du cuir à l’intérieur » pour protéger les passagers ! C’est ainsi que M. Reithofer restaure, en adaptant ses idées à la conduite. Car il l’avoue, si retaper une épave est un plaisir, « le but final est de se promener avec ». Mais avant de lui faire prendre l’air, une cérémonie originale est organisée : la bénédiction, par un prêtre catholique, du véhicule.

Hubert Reithofer est un passionné de voitures anciennes. Il y consacre tout son temps libre. Lors du salon Auto-Moto Classic ayant lieu ce week-end à Strasbourg, il présentera ses deux voitures Mathis

Stockées à Obenheim

Cyril Gautier, au volant d’une Bugatti Type 35 de 1929. Un modèle qui a cumulé plus de 2 000 victoires au siècle passé. PHOTO DNA

Cyril Gautier, au volant d’une Bugatti Type 35 de 1929. Un modèle qui a cumulé plus de 2 000 victoires au siècle passé. PHOTO DNA
Le patron du magasin « Art of Racer », basé à Obenheim, « héberge » les modèles qui seront vendus le mardi 1er  mai à Strasbourg. Cyril Gautier s’est spécialisé dans l’entretien et la restauration de véhicules de collection, et il a également été sollicité comme consultant. Pour lui, ces enchères sont « exceptionnelles » : « C’est une vente incroyable car cela fait vingt ans qu’il n’y a pas eu autant de Bugatti vendues par un seul collectionneur et dans un aussi bon état, parfois proche du neuf », insiste-t-il.

Dans le garage du magasin, les bolides attendent avant la vente : pimpants, rutilants, restaurés. Certains sont encore capables d’atteindre les 200 km/h. À leurs côtés, d’autres trésors de l’automobile : Bentley cabriolet, Alpine Renault, Triumph Roadster, Citroën Torpedo…

M. Gautier s’attarde évidemment sur la Bugatti T46 bleue et noire

30 000 visiteurs attendus

Les organisateurs du salon Auto-Moto Classic comptent sur l’engouement du public alsacien et attendent entre 25 000 et 30 000 visiteurs. Bugatti, mais aussi De Dietrich, Mathis… « L’Alsace est une terre historique d’industries automobiles », justifie Mme  Hoffmann, directrice du salon. Ainsi, la marque strasbourgeoise Mathis sera mise à l’honneur à travers une exposition. D’abord associée de Bugatti, l’entreprise s’en était ensuite détachée pour produire des modèles plus populaires. Un hommage sera également rendu à Bob Wollek, célèbre pilote alsacien de l’écurie Porsche, des années 1970 jusqu’à sa mort tragique en 2001.

Enfin, le dimanche 29 avril, le parking du salon accueillera environ 200 voitures d’amateurs, à l’occasion de la deuxième édition de la Journée nationale des véhicules d’époque. Les collectionneurs sont invités à venir y faire tourner le moteur, et les spectateurs à admirer les voitures. Cette manifestation, qui se veut « éphémère et roulante » pour Fabrice Reithofer, délégué régional de la Fédération française des véhicules d’époque, fera l’objet d’une balade. Le matin, le circuit ira du boulevard de Dresde, à Strasbourg, à La Wantzenau. L’après-midi, la boucle sera plus large : les voitures passeront par Brumath, Pfettisheim ou encore Mittelhausbergen avant de rejoindre Strasbourg. L’année dernière, la manifestation alsacienne avait été l’un des plus grands succès à l’échelle nationale.

Rendez-vous à 8 h pour un départ à 9 h des voitures.

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